Les Milliet de Faverges

A podgora (Goritz), la plaque en italien rappelant l'exploit du marquis de Faverges.

 

Henri Milliet de Faverges (général marquis)

(Chambéry, 7 décembre 1775 - ?, 2 avril 1839). 6ème marquis de Faverges et 5ème marquis de Challes, chevalier de l’Ordre des Saints Maurice et Lazare et de l’Ordre de Marie-Thérèse (Autriche, 11 avril 1809).

En 1792, lors de l'invasion française, il se réfugie à Turin. Refusant la défaite et l’occupation française, resté fidèle à son pays et à son roi, il  entre au service de Sa Majesté, puis passe à celui de l’Autriche pour continuer le combat. A 21 ans, il avait été déjà blessé deux fois durant la guerre des Alpes contre les Français (1796). Egalement blessé en 1801, il ne peut, à son grand regret, participer à la bataille de Marengo contre Bonaparte.

Dans la nuit du 10 au 11 avril 1809, à Goritz, Henri Milliet de Faverges, alors capitaine au 52ème régiment d’infanterie autrichien, et le lieutenant Gergho, à la tête d’un groupe de 50 soldats d’élite, franchissent l’Isonzo en crue pour s’emparer d’une tour tenue par les Français ouvrant là aux Alliés la route d’Udine. Ce fait d’arme (près de l’actuel pont de Peuma ou pont du Torrione) a été immortalisé en 1909 par la pose d’un monument commémoratif écrit en trois langues, allemand, italien et slovène. Détruit pendant la 1ère guerre mondiale, il a été entièrement reconstruit près du mur d’enceinte du « Parco dei Principi » du palais Attems (illustration ci-dessous) : « Il conte Enrico Faverges, capitano nell’I.R. Reggimento Fanti n°52, Arciduca Francesco Carlo, nella notte dell’11 aprile 1809 col primo tenente Leop. Cserghö e con cinquanta prodi soldati, sfidando le onde del rigonfiato Isonzo, espugnò in Podgora la torre occupata dal presidio francese, fortificandovisi. Per cinque ore la difese mentre un ponte fu gettato sul fiume onde la sua brigata potè varcarlo. Per questa eroica azione fu creato Cavaliere dell’Ordine di Maria Teresa ». (Il Piccolo Gorizia/Monfalcone n° du 1er avril 2012 p. 41).

Le 1er avril 1812, il entre au service de l’Angleterre comme capitaine puis major de l’Italian Levy (lieutenant-colonel commandant le 2ème régiment) et participe à la campagne d’Espagne où il est encore blessé en 1813 lors de la bataille de Biar. Il peut enfin retrouver le Piémont en 1814 lors du retrait des Français. En 1823, il est chargé par Charles Félix de surveiller et diriger Charles-Albert, alors prince héréditaire, lors de la guerre d’Espagne. Il participe à ses côtés à la prise du Trocadéro. Il devient commandant de la province d’Alexandrie 1825, puis de celle de Nice (1827-1830). Elevé au grade de lieutenant-général, il prend le commandement de la province de Coni (1830-1835). Il cesse le service en 1835 et décède le 2 avril 1839. Il avait épousé en 1824 Charlotte, fille du général anglais John Slade de Maunsel-House, écuyer du duc de Cumberland (1795-1878).

Le 5 avril 1823, il est fait Chevalier Grand Croix de l’Ordre des Saints Maurice et Lazare puis reçoit le Grand Cordon le 11 juillet 1834. Outre le fait d’être chevalier de l’Ordre de Marie-Thérèse d’Autriche, il était également titulaire de diverses décorations étrangères : commandeur de l’Ordre de la Couronne de Fer (Autriche), chevalier de l’Ordre de Saint Louis (France), de Saint Alexandre de 1ère classe (Russie), et Grand Croix de l’ordre de Saint Ferdinand (Espagne).

« …. due illustri Savoiardi : il marchese Enrico Milliet di Faverges e Vittorio Amedeo Sallier de la Tour… col permesso di Carlo Emanuele IV e Vittorio Emanuele I combatterono sotto le bandiere d’Austria e d’Inghilterra e diedero poi un importante contributo alla ricostituzione dello stato sabaudo, rappresentando, con quanti seguirono in Sardegna la casa regnante, la continuità della lotta contro le aggressioni rivoluzionaria e napoleonica per la libertà e l’independenza della loro nazione ». (Alberico lo Faso di Serradifalco et Italo Pennaroli : « Il contributo della Savoia all’unità d’Italia » Acqui Terme 2010 p 5, édition hors-commerce)

 

Clément Milliet de Faverges

Mort pour le Roi et la Patrie

Né en 1781, il est l'avant dernier enfant du marquis Charles Joseph Joachim. Comme son frère Henry, il devint soldat. En 1799, il sert dans le régiment de Furstenberg sous les ordres du comte de Felles.

Il est tué à la bataille de Novi contre les Français le 15 août 1799. Le marquis Costa de Beauregard rapportera les faits en ces termes : " Clément, pendant une attaque à la baïonnette, marchait avec la compagnie tête-de-colonne ; c’était à Novi [1]. Trois officiers venaient d’être tués, la troupe hésitait. Clément s’élance en criant : « Je ne suis qu’un blanc-bec ; en avant, les vieilles barbes ! » Les vieilles barbes le suivirent, mais, lui, reçut une balle dans la tête. Ses soldats enragés ne firent point de quartier. Il avait dix-sept ans [2] "



[1] La bataille de Novi, 15 août 1799, vit la victoire des Alliés (Russes et Autrichiens) commandées par Alexandre Souvorov sur les troupes françaises commandées par Joubert.

[2] Marquis Costa de Beauregard : « pages d’histoire et de guerre - mon oncle le général », p 204

Oscar Milliet de Faverges (photo Musée du Risorgimento à Turin)

Oscar Milliet de Faverges

(Etienne Auguste) Oscar Milliet de Faverges est né à Gap le 22 juillet 1813. Il est le fils de (Jean Charles) Auguste[1], le frère du Marquis Henry de Faverges, et de Thérèse de Zach.

Il entre comme sous lieutenant en service permanent à la Brigade de Savoie le 12 janvier 1831. Le 1er janvier, il passe au 2ème régiment de la Brigade . Le 1er avril 1837, il passe lieutenant provincial avec réserve d’ordonnance puis gravit les différents échelon de l’armée : lieutenant d’ordonnance le 15 mai 1838, capitaine le 16 juin 1847. Le 2 décembre 1848, il passe au 2ème régiment d’Infanterie, puis retourne au 1er le 8 janvier 1850. Nommé major le 23 mars 1852, il passe au régiment Royal Navi le 11 juin 1859. Il y est nommé lieutenant colonel le 18 du même mois, puis colonel le 30.

Le 6 mai 1848, durant la 1ère guerre d’Indépendance, il est blessé d’un coup de feu à la cuisse droite au combat de la Croix-Blanche près de Vérone. La Brigade eut, ce jour-là, 30 hommes tués et 150 blessés. Pour s’être distingué lors de ce fait d’armes, il reçoit la mention honorable puis la médaille d’argent à la valeur militaire.

Déclaration en faveur de Monsieur le capitaine de Faverges

"Je certifie que dans la journée du 6 mai 1848, à l'affaire de Sainte Lucie près de Vérone, ayant sous mes ordres quelques bataillons de la Brigade de Savoie destinés à attaquer, en première ligne la position de la Croce Bianca, parmi lesquelles était le 1er bataillon du 1er régiment auquel appartenait M. de Faverges, j'ai vu moi-même cet officier, gravement blessé par une balle qui lui avait traversé la cuisse, soutenu par deux soldats, ne pas s'éloigner du champ de bataille, mais s'occuper activement sous le feu ennemi, à rassembler et ramener les soldats qui s'étaient, en partie, débandés dans un mouvement de retraite, et dont plusieurs paraissaient vouloir abandonner le combat. M. de Faverges ne consentit pas à s'éloigner, qu'après avoir arrêté et ramené les fuyards, reformé sa compagnie en bon ordre, en avoir ranomé l'esprit par des paroles d'encouragement, et en avoir remis personnellement le commndement à un autre officier.

Je me plais à rendre justice à la conduite tenue par M. de Faverges dans cette occasion et je déclare que le le crois digne d'être décoré de la médaille d'argent..." Le colonel du 2ème régiment d'infanterie, Mollard.

Le 26 avril 1855, il s’embarque avec son régiment pour la Crimée. Il commande le 3ème bataillon du 1er régiment d'infanterie de la Brigade de Savoie. Il en revient le 10 mai 1856. Il reçoit la médaille anglaise de Crimée le 15 juin 1856 et est décoré de l’Ordre du Médjidié (Empire Ottoman).

Le 27 septembre 1857, il est décoré de la croix de chevalier de l’Ordre des Saints Maurice et Lazare, puis d’officier le 21 mars 1861.

Il reçoit également la médaille française de la Guerre d’Italie le 1er avril 1860 et la croix d’officier de la Légion d’Honneur le 4 août suivant.

Il épouse Charlotte (Magdelaine Augustine) d’Agoult le 24 janvier 1857. Lors de l’Annexion, il choisit de conserver sa nationalité. Le 17 mars 1861, il est nommé commandant la Brigade de Piémont puis, le 26 décembre, il est promu major général[2].

Il décède le 24 juin 1868. "Avec lui finissaient la fidélité et le dévouement traditionnels qui depuis quatre siècles liaient les Milliet à la Maison de Savoie" ("Bolletino n°2 dell'associazione fra oriundi Savoiardi e Nizzardi italiani" cité dans "La Brigade de Savoie" par le baron du Bourget).


[1] Le Comte Auguste de Faverges sera promu, le 12 janvier 1825, lieutenant colonel dans l’Etat-Major Général avec le grade de colonel d’infanterie. Il sera fait chevalier dans l’Ordre des Saints Maurice et Lazare, de Saint Louis de France, de Constantin de Parme. Il recevra également la médaille Mauricienne pour cinquante années de service.

[2] Alberico lo Faso di Serradifalco et Italo Pennaroli : « Il contributo della Savoia all’unità d’Italia » pp 455-456. Alfred Anthonioz : « Généraux savoyards » pp 173-174.

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Commentaires

20.09 | 15:42

Bonjour,
C'est super Intéressant votre page.
je suis tombé dessus vraiment par hasard .
Il faudrait mettre les pages où vous recherchez.
Bonne journée

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