Transféré à Lyon

Départ de Gérardmer.

Le mercredi 24 mars, Joannès est transféré à l’hôpital de Lyon.

24 mars : « C’est de la gare d’Epinal où je suis  en route pour Lyon où notre cher blessé a été évacué.

Je pense y arriver ce soir. Joannès est parti mercredi à 3 heures, je l’ai suivi une demi heure après, mais j’ai du coucher à Epinal.

A bientôt, chers tous, je vous écrirai de Lyon.

Maman »

Mme Prudhomme prend le train pour Lyon où elle s’installe à Villeurbanne chez des parents de sa belle-fille ; de là, chaque jour, elle se rend au chevet de son fils.

Mme Prudhomme prend le train pour Lyon où elle s’installe à Villeurbanne chez des parents de sa belle-fille ; de là, chaque jour, elle se rend au chevet de son fils.

Epilogue :

Le 25 mars, Joannès est admis à l’Hôtel-Dieu de Lyon, Salle Sainte Marthe, lit n° 31 ; son certificat de visite porte les indications de sa blessure :

« Vaste plaie à l’avant-bras droit avec fracture et broiement du cubitus par éclat. Tendons sectionnés. Plaie par éclat à l’épigastre. Mutilation totale de la main gauche. Amputation à Gérardmer.

Régularisation de la plaie de l’avant-bras - Septicémie ».

et dans le registre sortie : « Mort des suites des blessures de guerre le 4 avril 1915. Septicémie. »

Le 7 avril 1915, le jour de la sépulture au cimetière de Faverges, le Maire de Faverges transmet aux parents de Joannès le billet d’hôpital que l’économe de l’Hôtel-Dieu lui avait envoyé la veille.

Le texte est un modèle de froideur, mais combien de mots similaires l’économe a-t-il dus remplir durant cette guerre?

« Prière de vouloir bien faire remettre le billet d’hôpital à la famille de l’intéressé qui habite votre commune.

Lyon le 6 avril 1915 »

Dans les jours et les semaines qui suivent le décès de Joannès, la famille Prudhomme reçoit un grand nombre de lettres de condoléances, elles proviennent d’amis de la famille tels les propriétaires de l’hôtel Beau Site à Talloires qui s’excusent de ne pas être venus à la sépulture à cause du mauvais temps et qui ajoutent un P.S. qui aujourd’hui nous paraît fort incongru, « si vous pouviez nous apportez une cervelle, S.V.P. ». C’est Mlle de Joannis, l’infirmière de Gérardmer qui est pleine de sympathie pour Mme Prudhomme, ce sont aussi ses camarades tel Edmond Eyriès[1], marin à bord du Démocratie.

« Bizerte le 14 juin 15   

Monsieur et Madame Prudhomme,

C’est avec un bien grand serrement  de coeur que j’ai appris en mer la mort de votre fils chéri, mon cher et bon ami  Joannès.

Certes nous vivons une époque terrible mais glorieuse entre toutes, car le destin a voulu qu’il nous soit réservé, ainsi qu’à la génération actuelle, la lourde tâche d’anéantir une horde de barbares, un peuple de sauvages et de bandits qui restera pour toujours la honte de l’humanité.

Nous luttons tous courageusement et nous ne serons satisfaits que lorsque notre tâche aura été intégralement accomplie : nous avons trop d’amis et de morts sympathiques à venger, nous nous acquitterons avec le plus grand courage de cette noble mission ; nous voulons que nos fils et tous nos descendants puissent vivre en paix et n’aient jamais plus à redouter une horreur pareille, nous y arriverons, il le faut. 

Croyez, cher Monsieur et chère Madame Prudhomme, que le souvenir très affectueux de votre enfant chéri, de mon ami intime Joannès, ne s’effacera jamais de ma mémoire car je ne saurai jamais oublier sa jovialité, son coeur d’or, le bon camarade d’enfance en un mot que ces affreux boches m’ont ravi.

Veuillez agréer chers Monsieur et Madame Prudhomme ainsi que toute votre famille, l’expression émue et mes sentiments de condoléances bien attristés, et être persuadés que je prends une large part à votre immense douleur. Un souvenir bien affectueux à mon cher et  affectueux Joannès de son tout dévoué ami. »



[1] Edmond Eyriès, né le 19 juin 1892 à Sens, ajusteur mécanicien à Macon, fils d’Henri Eyriès, maire de Faverges de 1912 à 1919. Incorporé le 8 octobre 1913 dans la Marine, il est, au début de la guerre, canonnier sur le cuirassée Démocratie. Le 15 novembre 1916, il embarque au Pirée, avec une centaine d’autres permissionnaires, à bord du Suffren pour se rendre à Lorient. Le 26 novembre, Le Suffren est torpillé dans le Golfe de Gascogne. Il n’y eut aucun survivant.

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Commentaires

20.09 | 15:42

Bonjour,
C'est super Intéressant votre page.
je suis tombé dessus vraiment par hasard .
Il faudrait mettre les pages où vous recherchez.
Bonne journée

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20.09 | 15:43
20.09 | 15:38
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29.06 | 13:09
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