Pendant ce temps, à Faverges

Durant ces mois de guerre, Joannès a dû recevoir de nombreuses lettres de sa familles. Aucune n’est parvenue jusqu’à nous sauf les deux dernières, datées des 6 et 15 mars, qui ont été retournées à l’envoyeur, le destinataire n’ayant pu être atteint en temps utile. Sa maman lui parle de la vie à Faverges, des jeunes appelés qui doivent rejoindre l’armée, de choses anodines.

« Faverges le 9 mars

Mon cher petit,

J’ai reçu samedi 6 mars ta lettre et je viens de recevoir ta carte du 6. Te dire quel soulagement lorsque on reçois quelque choses de toi est inutil. Aussi je t’en prie, toute les fois que tu le pourra, n’y manque pas. Par ta lettre je vois que tu na pas reçu ma lettre datée du 15 février ou j’avais mis 5 fr et je t’anonçais un paquet que je t’ai envoyé le 18 février et qui a du partir du dépôt le samedi 20. Ne l’aurai tu encore reçu ? Se serait la malchance car j’y avais mis un assortiment de toute sorte plus une bouteille de kirch. C’est tout de même ennuyeux, ne serai ce rien des soldat ou au dépot ou sur le front qui s’en empare. Si tu pouvait réclamer, mais comment ?

Je te demandais aussi sur ma lettre des nouvelles de ton pied et puis dans l’état que tes soulliers se trouvait. S’ils avait été mauvais, je t’en aurait envoyé une paire. Tu ne me répond pas à ce sujet, c’est preuve que tu na rien reçu. Si en cas tu reçois ton paquet, écris le d’abord.

Maintenant, je vais te dire la surprise que nous avons eu samedi : un chasseur du 62 arrive dans l’allée a byciclette, j’ai resté médusé, j’ai crus que c’était toi. Devine qui ? Chamoux ! Aussi, à peine revenu de ma stupéfaction, je l’ai embrassé, je m’imaginais que c’était toi, il s’est fait raser, est de ta taille, on auras pu s’y méprendre. Inutile de te dire que je l’ai reçu du mieu que j’ai pu. Il est bien guerri et est au dépot à Albertville.

Il avait obtenu une permission de 4 jours pour conduire chez lui un cheval qu’il avait acheté a la foire d’Albertville. Ce cheval vient de Amédée Losserand de Sethenex qui l’avait ramené chez lui jusque au jour ou Chamoux aurai sa permission pour l’emmener. Il lui a envoyé une dépêche de le rendre chez nous ou il l’attendais. Et le voilà parti a selle pour Régnier. Il doit repasser jeudi raporter la scelle. On aura encore le plaisir de le voir et causer de toi. Il compte repartir un de ces quatre matin, mais ne sais pas où on l’enverra. Il voudrai bien retourner au 62. Auguste Gonthier est au 22 Albertville, peut-être aussi vous verrez vous un jour.

Paul et ses collègues attendent leur feuille avec impatience pour savoir ou ils vont. On parle pour le 16 avril de la classe 17, et les réformé depuis le mobilisation au 31 décembre 14.

Voilà Etienne obligé de repasser, il n’est pas a noce avec son fond de boucherie et sa femme prête d’accoucher. Mais pour les tirreur au flan, c’est bien fait, pourquoi ce monsieur n’irait-il pas comme les autres?

Et tous tes copains savoyards ? Soutenez-vous toujours le plus possible, et en cas d’accident, mettez-vous d’accord, de cette manière, quand on ne recevra pas de nouvelles on sera moins tourmenté. Maintenant, est ce vrai que d’ici quelques jours vous ne pourrez plus écrire? Si c’est vrai, profite de ce que vous pouvez encore aussitôt ma lettre reçu pour me répondre.

A Faverges, pas de nouveau, tes copains de la classe 12 toujours en bonne santé. Espérons que tous vous vous retrouverez. François Aragain est venu en permission de 4 jours. Jusque à présent, il était toujours à Lyon, mais il doivent défiler la parade direction inconue.

Voilà mon cher Joannès à peu près tout pour le moment. A la maison, tout va bien, voilà bientôt que nous allons être bien seul. Les bêtes étant réquisitionné pour l’armée, on en trouve plus. Je me demande ce que nous allons faire. Enfin, tant pis, que la guerre finisse, on verra bien après.

J’ai pensé de t’envoyer le récépissé de ton colis, si des fois tu pouvais réclamer avec ou le faire parvenir au dépot et réclamer. Enfin, vois. Demande a qui tu penseras qui puisse te renseigner.

Je joint aussi 5 fr, j’espère que cette fois il te parviendront. »

En attendant de tes nouvelles, reçois de tous nos meilleurs baisers.

Ta mère qui t’embrasse bien fort.

                                          F. P. »


 

« Lundi 15 mars                                      

 Mon cher Joannès,

J’ai reçu hier ta carte daté du 8 et je viens de recevoir celle du 10. Inutile de te dire le soulagement quelle nous apporte. Quoique daté de plusieurs jours, il nous semble toujours avoir des nouvelles fraiches.

J’ai été contente aussi d’aprendre que tu a reçu ton colis. Bien des choses on dut te faire plaisir, car même avec de l’argent, vous ne devez pas toujours trouver ce que vous avez besoin. Aussi, quand il te manquera quelque chose, dit le, je m’empresserai de te l’envoyer. Ta pipe est assez grosse pour t’y chauffer les mains ; pour la blague, je n’ai rien trouvé de mieux, enfin tant pis!

Jeudi passé, le 11 mars, j’ai mis un petit paquet par la poste, mais, n’ayant droit qua 2 kilo, il y vas peu surtout que j’ai voulu y mettre un peu de niole. Puisque ça te fait plaisir, je t’en enverrai un chaque semaine, et aussi ce qui pourrai te manquer.

J’ai vu sur le journal d’aujourd’hui que la classe 16 ne serai rapelé que les premiers jour d’avril. Tant mieux, nous aurons Paul quelque jours de plus. Tous les réformé ont reçu leur feuilles ces jours : Bévillard va au 28ème chasseur a Grenoble, Félix Copier doit se rendre le 24 mars à la gendarmerie de Faverges, c’est le jour de la réquisition des chevaux. Il sera sans doute pour les conduire de la ou va-t-il ? Je joins a ta lettre l’adresse de Calixte que j’ai demandé à Mme Mermillod. Elle me charge de te bien donner le bonjour.

Maintenant Jean Excoffier est parti samedi d’Annecy pour le frond, ils conduit des jeunes de la classe 15, il est sergent à la 11ème du 11 je pense, à moins que ce ne soit du 51ème. Il est du secteur postal 97, il me semble que c’est le même que le tiens. Peut-être vous verrez-vous!

Nous avons toujours des nouvelles de Joseph, il va toujours bien, il est de retour de son convoi. Je crois t’avoir déjà dit qu’il était allé à Bourmont Haute Marne conduire du bétail.

Henri Prudhomme est à Lyon St Jean ou il fait l’exercice, après, qu’en feront-il ? Etienne va repasser la révision.

Voila, mon cher Joannès à peu près tout les nouveau de Faverges. Il fait maintenant un temps superbe mais froid.

Malgré tous les ennuis de cette maudite guerre, le temp passe quand même. Chaque jour on veut voir le lendemain. Espérons que bientôt vous nous reviendrez et que nous passerons tous ensemble des jours meilleurs.

Le papa, Paul et Jeanne t’envoie de bon baiser.

En attendant de toi d’autres nouvelles,

                   ta mère qui t’embrasse bien fort. »

 

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