Correspondances reçues

la carte de Calixte

Le 11 octobre 1913, c'est Calixte Coppier qui lui écrit :

"Cher copain,

J'arriverais par le train de sept heures du soir. Dimanche soir, si tu viens m'attendre, tu viendra à ce train. Tu m'a dit que tu a été versé à la 2ème compagnie, tu as bien réussi, tu seras bien, à dimanche.

Ton copain,      Calixte".

Calixte Coppier était né à Doussard le 6 octobre 1891; sa soeur, Marie Joséphine, avait épousé le quincaillier de la rue Carnot, Jules Mermillod. Il venait souvent chez sa soeur et, la quincaillerie Mermillod étant juste en face de la boucherie Prud'homme, il était logique qu'ils devinssent amis.

Calixte a eu une vie longue et très remplie ; il survécut à la guerre et par miracle, échappa à la catastrophe ferroviaire de Saint Michel de Maurienne en 1917. Sa petite fille, Martine, en a tiré une biographie romancée "Bleu horizon" dont le lien est ici

et, pour sa généalogie, cliquez ici

Il est également cité dans le livre : "Le tragique destin d'un train de permissionnaires : Maurienne le 12 décembre 1917, par André Pallatier".

Il est décédé le 20 mai 1986, à l'âge de 94 ans.

La fanfare du 22ème BCA : Calixte Coppier doit être sur le cliché.

 Le 12 décembre, sa cousine M. Köster, installée à Marki en Pologne russe, lui écrit une longue missive dans laquelle elle décrit quelques scènes de la vie locale :

"... Max me taquine souvent au sujet de Faverges où je compte l'amener une fois pendant nos vacances. L'année prochaine nous les passerons sans doute en Allemagne. Ici il fait très froid mais sec, ce qui est certe plus supportable que le froid humide de l'Angleterre. Nous avons du reste d'immenses poëles de faïence qui sont aussi hauts que les chambres et qui chauffent très bien. J'espère que nous aurons plus de neige que l'hiver dernier et que nous pourrons faire de bonnes parties de traineau. Dans les maisons des paysans on mure les fenêtres tout autour au commencement de l'hiver et on ne les ouvre plus jusqu'au printemps ; la seule ventilation se faisant par la porte, tu peux t'imaginer comme ça sent bon ! Les hommes portent comme manteaux des pardessus faits de peau de mouton, la laine en dedans, et des bottes jusqu'aux genoux. Dans les trams et les trains, il y a partout des double-fenêtres et si on laisse la porte ouverte deux minutes pour donner à la fumée une chance de s'en aller, trois ou quatre personnes se lèvent vivement pour aller fermer en grommelant. On fume beaucoup de cigarettes surtout ; celles-ci sont longues mais la moitié n'est que du carton qui sert de bout protecteur contre la nicotine. Si ce n'était pas impossible à cause de la douane, je t'en enverrais car elles ont un tout autre goût que les cigarettes françaises."

Marius Destagnol lui écrit le 18 novembre 1913, sa carte représente une vue de Villeurbanne :

"Mon cher Joannès,

je pense que malgré son petit retard, ma carte sera la bienvenue. Je te dirai, mon cher "Cabri", qu'on nous en fait "roter" chaque jour davantage ; Cagnin et moi nous sommes allés voir Chappuis dimanche à Sathonay. Dimanche prochain, c'est Alfred Dupont qui vient à Lyon, c'est une bombe fantastique en perspective.

On nous a vaccinés hier ; nous sommes tout anquilosés aujourd'hui. Cagnin est en train de faire son plumard. Quant à moi, assis au pied de mon lit, je prends le noir en t'écrivant car cela me fait songer à notre passé de "poivrots" et à ta veine d'aller chaque dimanche têter un coup.

Au plaisir de se réunir comme jadis chez le Père Chapelain au nouvel an, je t'embrasse comme je t'aime.

M Destagnol, 10ème compagnie"

 

La carte de Marius Destagnol en date du 18 novembre 1913.

D'autres copains lui écrivent également : Joseph Cagnino (voir partie 1), Léon Promat, Baritaud (14ème escadron, 3ème Compagnie), Aimé Perrissin-Fabert, Adrien Francoz, Claude Lacostaz, Victor Reygagne. Ces trois derniers étant des conscrits de Joannès habitant Faverges, nous pouvons connaître en partie leurs vies de conscrits puis de soldats de la Grande Guerre.

Victor Reygagne, né à Faverges en 1892, fils de cafetier, est incorporé le 8 octobre 1913 au 4ème régiment de génie basé à Grenoble. En décembre 1913, dans l'attente de la fuite (il lui reste encore 649 jours à faire), il écrit à Joannès :

"Cher copain, excuse moi du retard, j'attendais ces cartes pour te l'envoyer. J'ai reçu mon coli, les pormoniers commençait à être faisandé mais pas d'importance, on les a tout de même manger. Tu m'écriras si tu vas en permission pour Noël ou pour le nouvel an, on tachera d'y être ensemble pour rigoler un peu. Je n'ai pas grand chose à te dire, pour le moment tout va bien (ce n'est pas le mot, on pourrait être mieux) mais enfin on tient le coup.

Adieu et au plaisir, ton copain qui te la serre,

Victor".

Victor Reygagne ne verra jamais la quille, il eut un sort tragique. Il fit la guerre comme sapeur jusqu'au 15 août 1917 où il décida de ne pas se présenter à l'appel et fut considéré comme déserteur. Rayé du contrôle de la désertion le 17 décembre suivant, le conseil de guerre de la 60ème division d'Infanterie, dans sa séance du 12 janvier 1918, le condamne à deux ans de travaux forcés pour désertion à l'intérieur en temps de guerre. Envoyé au bagne de Téboursouk en Tunisie, il y meurt de maladie le 15 septembre 1918.

 

La carte de Victor Reygagne : souvenir des premières manoeuvres de pontage de la classe 1892.

Ces recrues qui ne pensent qu'à la fuite

plus que 118 jours...

La fuite... le Saint Graal de toute nouvelle recrue... le temps est long avant la fuite (aujourd'hui, on dirait la quille).

Adrien Francoz : "plus que 118 jours..." écrit-il de Bruyères.

Léon Promat : "528 et la fuite".

Aimé Perrissin-Fabert : "C'est dans 227 jours que nous ferons sauter le mur au Père 365".

 

 

"528 et la fuite".
"Fort de Vulmis le 4 février 1914 - Bien cher Ami - Deux mots à la hâte. D'abord pour te remercier de ta charmante carte qui m'a bien fait plaisir, comme toi j'ai été surpris du mariage de Claude (Lacostaz). Ici, ça ne va pas trop mal, on nebarde pas trop. Je m'en irai en perme de 24 h le 15 courant, j'espère te voir. Adieu, une bonne poignée de main de ton copain, Perrissin".

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Commentaires

20.09 | 15:42

Bonjour,
C'est super Intéressant votre page.
je suis tombé dessus vraiment par hasard .
Il faudrait mettre les pages où vous recherchez.
Bonne journée

...
20.09 | 15:43
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Page d'accueil a reçu 2
29.06 | 13:09
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