Avant le départ...

La section de la 12ème Compagnie du 62ème BCP à laquelle appartient Joannès (2ème rang à droite) en octobre 1914, caserne Songeon à Albertville.

La guerre est déclarée le 3 août. Le 22ème BCA ne rejoint pas de suite le front. En septembre, Joannès se trouve à Montferrand dans le Puy de Dôme.

"Monferrand, mardi matin

Chers parent,

Je suis toujours à Montferrand, mais je pense partir un de ces jours. A présent, je ne sais pas si je rejoint le battaillon directement ou si je passerais par Albertville. Si je passe à Albertville, je vous informerais par dépêche de manière que l'on puisse se voir.

Recevez, chers parents, mes meilleurs baisers".

Il rejoint le dépôt à Albertville en octobre après une courte permission. La tranquillité ne va pas durer, les compagnies de chasseurs partent les unes après les autres.

Monferrand : vue générale

Carte postée le 5 octobre, adressée à ses parents :

"Chers parents,

deux mots pour vous dire que j'ai fait bon retour et que j'ai eu encore de la chance d'avoir été en permission quar il y a un convoi de formé de 300 chasseurs qui part aujourd'hui et je ne suis pas de celui-ci. Ca sera probablement pour la fin de la semaine. Enfin, je vous écris sitôt que je le saurais.

Bien le bonjour à toute la famille, votre fils, Joannès".

Albertville : caserne des chasseurs alpins.

Que la guerre semble loin !

Durant le mois d'octobre, Joannès reste à Albertville, quelques lettres et cartes ont été conservées. Le 26 octobre, c'est sa tante de Lyon qui lui écrit :

"Mon cher Joannès,

Merci de ta carte que je viens de recevoir et qui m'a fait bien plaisir de te savoir en bonne santé. J'ai eu la visite de Joseph hier soir, il va bien aussi. Moi, je vais très bien.

Ici, rien de nouveau, il y a bien moins de soldats que quand tu as passé ici. Donne moi de temps en temps de tes nouvelles, cela me fera plaisir.

Ta tante qui t'embrasse,

Marie"

Le 29 octobre, c'est au tour de Jean Pochat Baron, de Saint Jean de Sixt :

"Cher Ami,

Je m'empresse de faire réponse à la lettre que tu m'a envoyé et te remercie aussi de celle que tu y a joint. Tout va bien ici pour le moment, la santé est toujours à peu près bonne et j'espère que la présente te trouvera de même. Je passe encore une bonne convalescence. L'autre jour, en montant de thônes, j'ai vu la dame Fillion qui m'a payé un verre et elle m'a dit que Louis était toujours en bonne santé mais elle ne sait pas s'il est dans le nord ou ailleurs. En tout cas, quand je la verrai, je lui dirai quand elle écrira qu'elle lui donne un bonjours de toi. Tache de bien t'amuser pendant que tu es à Albertville car, quand tu seras sur la Frontière, ce ne sera plus le moment. D'un côté, j'aimerai bien mieux être guéri et repartir avec toi car ici il n'y a personne pour rigoler, je me promène tous les jours et je vais toute la journée aux filles. J'en profite pendant que je suis ici car les filles, ce n'est pas ce qui manque par là. On se débrouillerait bien toujours comme on faisait avant.

Enfin bref, ne te fais pas de la bile lors même que tu es sur le départ, les plus grands coups sont donnés et où cela tape fort, c'est dans le nord, En Alsace, c'est bien à peu près calme pour le moment.

Je finis mon gribouillon en te la serrant bien fortement à travers l'espace qui nous sépare.

Ton intime ami qui ne t'oubliera jamais.

Pochat Baron Jean"

Jean Pochat Baron est né le 25 décembre 1892 à Saint Jean de Sixt, il est incorporé au 22ème BCA en même temps que Joannès. Blessé au coude gauche, il est réformé le 17 décembre 1915. Il décède à Saint Jean de Sixt le 8 novembre 1918

La guerre idéalisée par les cartes postales... la réalité est toute autre.

Le départ

"Dans une dizaine d'années, on dirat - Voilà deux zéros de la guerre 1914". "A notre retour, on vous apporterat un jolis teuton pour faire du dressage."

Début novembre, c'est le départ pour le front, le convoi passe à Moulin, puis Paris, Creil...

"Passé à Paris Jeudi matin à 5 heures. Passé à Creil à 9 heures, fait bon voyage.

Adieu, Joannès " (carte à son père expédiée de Creil le 5 novembre 1914).

 

"Passé à Creil 10 heures jeudi matin. Fait bon voyage. On a vu les Anglais et beaucoup de prisonniers boches.

Amitiés     Joannès" (carte à sa belle-soeur arrivée à Faverges le 10 novembre)

Le 6 novembre, Joannès, Marius Destagnol et Joseph Cagnin se trouvent réunis. Où ? je ne sais pas, mais il envoie une carte pleine d'optimisme à Jeanne Prud'Homme, la femme de Joseph. C'est une guerre que l'on pense courte, on part la fleur au fusil. Sur les trois signataires de la carte, deux ne reviendront pas, le troisième aura la "chance" de n'être que blessé.

"le 6 - 11 - 1914

Chère Jeanne,

Joannès se joint à moi pour t'envoyer un grand bonjour ainsi qu'à toute la famille,

                                                                 Marius

Je te remercie de ta lettre, donne le bonjour à toutes les familles ainsi qu'à Joseph. Ecris moi quand tu pourras.

                                                                 Joannès"

 


 

Après la bataille de la Marne, les Allemands essaient d'enfoncer le front des Flandres afin d'atteindre la Manche. En octobre, le commandement français y envoie des troupes afin de soutenir les armées belge et anglaise. C'est la "course à la mer". En novembre, le général Eric von Falkenhaym tente de nouveau un assaut pour prendre Calais. Il se heurte aux forces britanniques, belges repliées d'Anvers et françaises coordonnées par le général Foch. C'est la "mêlée des Flandres" dans laquelle Joannès va se trouver plongé.

Après quelques jours passés à l'arrière, le voilà reparti. 

 "62e Chasseurs, 10e Cie, 4e section, Albertville en action

11 novembre, 7 heures du matin,

Chers Parents,

Quelques mots pour vous donner de mes nouvelles qui sont toujours bonne. Nous partons encore plus loin. Nous avons encore 18 heures de chemin de fer à parcourir. Quel direction, je n'en sais rien ; alors, vous voyez si l'on est renseigné.

Où l'on est pour le moment, pas grand nouveau, sauf une violente attaque de nuit faites par le 99ème. Le canon a tonné toute la nuit sans discontinuer et à l'heure où je vous écris, il gronde toujours.

Et vous, chers Parents, j'espère que vous êtes toujours en bonne santé.

Ecrivez-moi, peut-être aurai-je le bonheur de les recevoir.

Recevez mes meilleurs baisers, votre fils qui vous aime.

Embrassez bien Jeanne et Paul pour moi."

 


et le voyage continue...

"Passé à Calais jeudi 12 midi, toujours en bonne santé,

Bons baisers, Joannès"

"Passé à St Omer jeudi 2 heures 1/2,

destination inconnue,

Bien à vous, Joannès"

Deux cartes successives envoyées à ses parents.

 

11 novembre 1914 : recevez mes meilleurs baisers, votre fils qui vous aime...
Le réseau ferré dans le nord de la France en 1914. (carte tirée de http://fr.wikipedia.org/wiki/Compagnie_des_chemins_de_fer_du_Nord)

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Commentaires

20.09 | 15:42

Bonjour,
C'est super Intéressant votre page.
je suis tombé dessus vraiment par hasard .
Il faudrait mettre les pages où vous recherchez.
Bonne journée

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20.09 | 15:43
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