Joannès, soldat de la grande guerre

Introduction

Cette année 2014, nous commémorons les 100 ans du début de la 1ère guerre mondiale. Des centaines de milliers de jeunes hommes sont partis combattre bien loin de leurs familles et de leurs pays. Nombreux sont ceux qui y laissèrent leur vie.

Les pages qui vont suivre racontent, chronologiquement, la vie de l'un d'eux, Joannès Prud'homme. Elles sont écrites à partir d'archives familiales sauvées de l'oubli et la destruction

Ce n'est pas une énième étude consacrée à la Grande Guerre, mais seulement un hommage rendu à un jeune Favergien parti sans enthousiasme se battre pour la France et mourir au combat. C’est par la même un hommage à tous ceux qui se sont battus, qui y sont restés ou qui ont survécu, qu’ils fussent Français, Allemands, Serbes ou Sénégalais.

 

Tous les documents (sauf mention contraire) appartiennent en propre à l’auteur, leur reproduction est interdite. Les textes manuscrits sont recopiés généralement in extenso, dans le respect de leur orthographe et de leur syntaxe.

La famille de Joannès, vers 1897 : Dernier rang : à gauche, Francis Claudius, frère de Joannès deuxième rang : à gauche, Françoise Paris et Jules Prud'Homme, ses parents 1er rang, de gauche à droite, Joseph, Eugénie (ses frère et soeur), Dominique Prud'Homme et Jeanne Demaison (ses grands-parents), Paul (son frère) et JOANNES

La famille Prud'Homme :

31 mai 1903 : Joannès fait sa 1ère communion à Faverges.(dernier rang, 4ème à partir de la gauche)

 JOANNES

Joannès Prud'homme est né le 1er septembre 1892 à Faverges en Haute-Savoie, rue de Traktir. Sa famille est originaire du Noyeray, village de la commune. Il est fils de Jules,  boucher à Faverges, et de Françoise Paris.

ses grands-parents : Dominique Prud'Homme né le le 21 juin 1829 à Faverges, décédé le 10 novembre 1897 à Faverges ; Jeanne Demaison née le 16 février 1826 à Faverges, décédée le 29 novembre 1903 à Faverges.

Ses parents : Jules François Prud'homme, né le 14 mars 1850 à Faverges, a fait deux campagnes : contre l'Allemagne du 16 novembre 1870 au 28 janvier 1871, à l'Intérieur du 14 avril 1871 au 28 mai 1871. Décédé le 31 août 1930 à Faverges ; Françoise Paris, née le 11 septembre 1859 à Lyon, décésée le 9 avril 1927 à Faverges.

Les médailles de Jules Prud'Homme (guerre de 1870-71)

Ses frères et soeur :

Francis Claudius, né le 28 novembre 1879 à Faverges, décédé en 1926 à Faverges. A la déclaration de guerre, il est marié depuis plusieurs années et père d'une petite fille. Mobilisé dans le 11ème BCA, il combattra au Chemin des Dames.

Eugénie, née le 17 juin 1881, rue Centrale à Faverges.

 

Joseph, né le 28 juillet 1885 à Faverges, décédé le 24 septembre 1940 à Faverges. Il se marie le 29 septembre 1913 avec Jeanne. Le couple habite chez les parents Prud'Homme. Boucher lui aussi, il seconde son père devenu âgé. Au printemps 1914, alors qu'il est dans la réserve de l'armée active depuis le 1er octobre 1908, il est rappelé et rejoint Lyon où il est affecté au Service des vivres -exploitation- comme soldat-boucher, ce qui lui évitera de monter au front.

 Paul, né en 1896, décédé en 1959. Il veut devenir cuisinier ; il travaille d'abord chez J. Bouvier à l'Hôtel de Genève à Faverges puis, en avril 1914, monte à Paris et se place un temps à l'Hôtel Lord Biron. Mobilisé en 1915 dans l'infanterie, il est blessé à la main, ce qui l'empêchera de faire le métier qu'il souhaitait.

Les trois frères de Joannès : Francis, Joseph et Paul

L'enfance de Joannès :

Joannès, apprenti boucher à Ugine (à gauche) (photo Hecquet)

Il passe son enfance dans la maison familiale, située rue de Traktir (rue Gambetta depuis 1905 ; la boucherie, vendue à la famille Richard sera transformée en café ; aujourd'hui, c'est le restaurant "l'Oreille d'ours"), puis rue Centrale (aujourd'hui rue Carnot) à côté du coiffeur Dunand.

Il fréquente l'école communale et, les jours de congés, garde les moutons. Un jour de mai 1906, alors qu'il fait paître ses bêtes à la Glière, il sauve d'une mort certaine le petit Emile Vicki, 6 ans, qui venait de tomber dans les eaux tumultueuses du torrent, non loin de la passerelle de Lachat.

Voici ce que relate "l'Industriel Savoisien" du 2 juin 1906 :

"Faverges : un jeune sauveteur.

Vendredi dernier, vers 5 heures du soir, le jeune Prud'homme Joannès, élève de l'école communale, faisait paître ses moutons dans les broussailles du torrent de Saint-Ruph, à la Glière, près de pont de Lachat. Le petit Vicki, âgé de 4 ans, rentrait chez ses parents. Il voulait franchir une planche jetée sur le torrent à cet endroit très rapide. Le pied lui glissa et il tomba à la rivière qui, grossie par la fonte des neiges de la Sambuy, l'entraîna dans un endroit profond de plus d'un mètre.

Le jeune Prud'homme, qui était à peu de distance, fut témoin de cet accident. Il accourut, se jeta hardiment dans le courant et ramena sur la grève le petit Vicki qui fut ainsi sauvé d'une mort certaine. Nos sincères félicitations à ce jeune sauveteur de 13 ans".

 Le journal « La Croix », quant à lui, rapporte : « A Faverges (Haute-Savoie), le jeune Prudhomme Joannes, 13 ans, a sauvé d'une mort certaine un enfant de 4 ans nommé Vicki qui se noyait dans le torrent de Saint-Ruph. ».

C'est un bon élève puisqu'il décroche son brevet de l'enseignement primaire. Il aime la musique et joue de l'alto.

Adolescent, il est destiné à devenir boucher et entre en apprentissage à Ugine. En 1912, on le retrouve boucher à Thônes.

Lors du recensement de la classe de 1912 dressé le 3 janvier 1913, il est noté qu'il sait monter à cheval, conduire et soigner les chevaux, conduire les voitures (hippomobiles ?), faire de la bicyclette.

Les conscrits Favergiens de 1912. Joannès est debout, à gauche.

L'incorporation

la veille de l'incorporation, un repas pour le moins copieux...

Le 8 octobre 1913, il est incorporé au 22ème Bataillon de Chasseurs Alpins, 2ème compagnie, cantonné à Alberville.

Le 19 même mois a lieu lieu le traditionnel banquet des conscrits :

Hors d'oeuvres variés

Filet de boeuf financière

Petits pois à la française

Civet de lièvre "chasseur"

Volaille rôtie

Salade

Pièce montée

Fromage

Desserts assortis

et certainement les vins assortis....

Le 22ème Bataillons de chasseurs à pied est installé à Albertville depuis le 17 octobre 1890. Il est logé partie dans la caserne Songeon, partie (2 compagnies) dans la Maison Rouge à Conflans.

Les casernements du 22ème B C A à Albertville et à Conflans (Maison Rouge)

Le recrutement militaire

"A 20 ans, tout Français doit le service militaire, si son état physique le lui permet.

En temps de paix, les conseils de révision siègent dans chaque chef-lieu de canton une fois par an, d'ordinaire au printemps. Nous continuons à donner le nom de conscrits aux jeunes appelés même si le tirage au sort n'existe plus.

Dans chaque commune, les tableaux de recensement sont publiés et affichés le premier et deuxième dimanche de janvier, même les années où le 1er janvier tombe un dimanche.

Ces tableaux portent les noms de tous les jeunes gens en âge de figurer dans la classe et dont les parents habitent la commune. Cet usage de ne faire figurer sur les tableaux de recensement que les jeunes gens dont la famille est domiciliée dans la commune et non tous ceux qui vingt ans auparavant y sont nés, a donné lieu à des omissions (note 1). Il serait surprenant qu'il en fût autrement et s'il fallait prendre pour base de l'inscription, non le domicile, mais la naissance, on devine à quelles erreurs se trouveraient donner lieu et que de morts se trouveraient inscrits.

Le 20 janvier au plus tard, les maires transmettent états communaux et notices individuelles aux sous-préfets qui sont chargés de la confection des tableaux cantonnaux.

Le commandant de recrutement assiste aux séances et note en même temps que le président les décisions du conseil de révision. Les hommes doivent se présenter entièrement nus, ils doivent être propres.

Un où deux médecins militaires procèdent à l'examen des inscrits et font une proposition verbale, presque toujours suivie par le conseil.

Celui-ci prononce l'ajournement, l'incorporation ou l'exemption."

(in "je sais tout" 15 décembre 1914)

note 1 : ceci explique que certains soldats morts à la guerre ne soient pas inscrits sur le Monument aux Morts de leur lieu de naissance, ou que d'autres soient sur deux monuments.

Humour militaire

Les cartes postales traitent avec humour la vie régimentale...

Cartes humoristiques (Ces cartes ne font pas partie de la correspondance de Joannès).

Les permissions, ça se prépare...

En avril 1914. Joannès est à Albertville et il prépare la permission qu'il va avoir pour Pâques. Il écrit à son frère Paul :

"On s'occupe des permissions de Paques, il y en aura 2 séries, une samedi et l'autre, l'autre samedi. Je ne sais pas a quelle partir. Réponds moi de suite pour me dire quand Destagnol, Reygagne et Joseph Cagnin viennent, de manière que l'on se trouve ensemble. Répond de suite car il faut que je rende réponse damain dans la journée.

Dans l'attente, baisers. Ton frère                    Joannès"

La réponse Paul n'a pas tardé :

"Je réponds de suite à ta carte que je viens de recevoir à l'instant. Destagnol et Cagnin arrivent le 9 ou jeudi prochain, Reygagne, je ne sais pas. Ils arrivent avec la famille Donati de Lyon, le père et ses 2 filles. Pas de réponse pour Paris. J'ai quitté définitivement l'Hôtel. Il fait trop mauvais temps, je ne descendrais surement pas demain.Tout le monde vont bien,

ton frère qui t'embrasse         Paul"

(nota : Destagnol et Cagnin sont en garnison à Lyon)

Marius Destagnol lui avait écrit quelques jours plus tôt pour lui annoncer sa promotion :

"J'ai le plaisir de t'annoncer la nomination de tes deux copains au grade de caporal. Après en avoir bien "roté", nous lestenons enfin. Quoi de nouveau là-bas ? Quant à nous, nous ne changeons pas de Cie et demeurons au Fort de Corbas (Isère) à 12 km de Lyon jusqu'au 6 avril. A pâques, sans fautes, hein ! Gare à la bombe, on les arrosera.

Dans cette attente, je  t'embrasse comme je t'aime.       Marius".

 

Marius Destagnol est au dernier rang, 2ème à partir de la droite.
à gauche, la carte de Joannès, à droite, celle de Paul

Les copains de Joannès :

Joseph Cagnino, dit Cagnin : Il est né le 12 septembre 1892 à Faverges. En 1913, il est comptable. Il est incorporé au 99ème RI à Lyon le 8 octobre 1913. Il est promu caporal le 14 mars 1914. Il passe au 140ème RI le 21 avril 1915, jour où il est promu sergent. Il passe ensuite au 157ème RI est fait la campagne d’Orient. Le 16 juillet 1918, il est promu adjudant. Il décède de maladie le 26 octobre 1918 à l’ambulance d’Usküb, aujourd’hui Skopje (Macédoine).

Cité à l’ordre de la Brigade du 24 mars 1917 : « très bon sous-officier d’une énergie remarquable. Blessé le 19 mars au soir maintenant ses hommes sur la position conquise ». Ce jour-là, il avait été blessé par un éclat de grenade au dessous de l’omoplate. Blessé le 24 août 1914 au bras gauche par balle. Croix de guerre avec étoile de bronze, médaille d’or de la bravoure serbe.

 

Louis Fillion : il est né aux  Villards sur Thônes le 24 mai 1891. Comme Joannès, il est boucher ; il travaille à Cornier lors de son incorporation. Il est incorporé  au 4ème régiment de Dragons à Commercy le 1er octobre 1912. Il est y fera toute la guerre jusqu’à sa démobilisation le 10 août 1919.

Il est cité à l’ordre du Régiment n°39 : « Pendants les dures journées des 27-28-29 avril 1918, s’est dépensé sans compter pour assurer sous un violent bombardement le ravitaillement de son unité ». Croix de guerre.

Marius Destagnol : il est né à Séez (Tarentaise) le 4 octobre 1892. En 1912, il est comptable à Faverges. Il est incorporé au 99ème RI le 9 octobre 1913. Il est promu caporal le 14 mars 1914. Il est réformé le 29 octobre 1915 puis classé dans les services auxiliaires le 3 février 1916. Il est cité à l’ordre du Régiment n°174 le 7 mars 1917 pour : « excellent caporal très brave et très dévoué, a empêché son chef de section grièvement blessé de tomber aux mains de l’ennemi en le transportant sous le feu violent de celui-ci jusqu’au poste de secours » Croix de guerre avec étoile de bronze. Il est démobilisé le 3 octobre 1919. Rentré à Faverges il reprend son métier de comptable puis crée la société SAPHIR, spécialisée dans le cirage.

 

Marius Destagnol
Claude Lacostaz
Aimé Perrissin-Fabert

Une carte de Louis Fillion :

"Je suis rentré mardi passé à Commercy avec un cafard pire que la première fois que j'ai rappliqué au 4ème . Dur de voir s'annoncer le beau temps au pays puis les petites femmes qui de mon temps étaient jeunes encore ont grandi maintenant et commencent à se sentir. J'ai resté 3 jours à Genève, qu'est ce que c'était comme vie alors. J'aurais bien aimé que tu sois avec moi mais pour une courte permission comme cela, quand on est partout passé, on est tout éreinté. Qu'est ce que l'on fait : l'on boit et l'on fume, et voilà tout notre travail. Ah vivement que l'on attrappe le mois de mai par les cheveux, comme rentré de permission, nous avons mobilisation la semaine prochaine. Ah oui, encore une fois, il fait bon en être, il auront la graisse, mais la peau, il ne l'auront pas. Je pense qu'au 22ème tu te plais bien car c'était ton régiment rêvé avant de partir. Tu me renverras de tes nouvelles, ça tuera un peu le cafard.

Ton copain Fillion qui attend la fuite au galop allongé pour reprendre le Pékin.

Cordiale poignée de main. Ton vieux grand père, L Fillion" . Et il conclut par 150 jours.....

Des nouvelles de Marius et Cagnin.

Du 22 au 24 mai 1914, le Président de la république Poincaré visite l'exposition internationale de Lyon. Marius Destagnol et Joseph Cagnino sont dans la Garde d'Honneur présidentielle lorsque Poincaré se rend à la chambre de commerce de la ville.

Le 15 juin 1914, Marius écrit une longue lettre à Joannès :

"Fort Lamothe 15/6/1914

Mon cher Joannès,

prenant mon courage à deux mains et ma plume de... (j'allais écrire et ma plume de l'autre !...), je me décide enfin à te tracer une missive (tu aimerais peut-être mieux que je laisse "ive" et que je t'envoie seulement "miss" !...).

Mais, parlons sérieusement ; il est en ce moment 6 heures du soir ; le régiment est rassemblé dans la cour car "c'est aujourd'hui marche de nuit". Joseh est de la partie.Quant à moi, je ne marche pas parce que je reste ; c'est à dire que depuis samedi un privilège exceptionnel m'est échu : j'ai été nommé de conduite de viande, service que tu dois connaître et qui ne me prend guère que de 2 à 4 h de l'après-midi. J'accompagne la voiture de viande de l'abattoir au fort et c'est tout. Aussi je bouquine tranquillement pendant que les copains fondent leur lard sous le soleil de juin. Alors qu'à l'abattoir je regarde travailler les nombreux garçons, il me semble devoir chercher au milieu d'eux le "Cabri" d'autrefois et je ne puis m'empêcher de songer alors à l'abattoir de Faverges où, près de toi, j'ai tenu si souvent la chandelle !!".

Nous nous entraînons jounellement pour les marches alpines auxquelles je n'assisterai pas à cause de mon examen. A part ça on ne nous tourmente pas trop momentanément. Pars-tu bientôt dans les Alpes ?

Je crois pouvoir t'affirmer que j'irai à la vogue du patelin avec Cagnin. Gare à la bombe ! Il nous en faut faire une "éclatante" mais non meurtrière !

Je t'envoie ci-joint une carte où tu distingueras à peine les deux Favergiens dans la Garde d'Honneur Présidentielle. Réfères-toi aux numéros.

Au plaisir de te voir et dans l'attente de tes bonnes nouvelles, je t'embrasse, mon cher Joannès, comme je t'aime.

A bientôt

M Destagnol"

 

La Garde d'Honneur lors de la visite présidentielle ; carte annotée par Marius

Les grandes manoeuvres de juillet 14.

En juillet 1914, le 22ème BCA est en manoeuvre dans les Alpes. Durant ces manoeuvres, Joannès va envoyer quelques cartes à sa famille. Si, au début, elles ne semblent être qu'une "promenade de santé" dans les Bauges, elles deviendront nettement plus difficiles lorsqu'elles se dérouleront en Tarentaise où la neige réservera des surprises aux soldats.

Sa première carte est envoyée du Châtelard le 11 juillet, il envoie ses "meilleurs baisers du Châtelard" à sa mère. La deuxième est tout aussi sybiline : datée du 13 juillet, il envoie, toujours à sa mère, "un baiser d'Aiguebelle".

En Tarentaise

La suite des manoeuvres est nettement plus difficile. Le bataillon rejoint la Tarentaise. A Bourg Saint Maurice, il écrit à ses parents :

"Chers parents,

quelques mots pour vous donner de mes nouvelles et par la même occasion vous demander des votres. Nous sommes aujourd'hui à Bourg St Maurice et nous partons demain pour Bonneval. Les manoeuvres sont assez dur surtout avec la chaleur qu'il fait. Enfin, quand la santé est bonne, c'est le principal. Et vous, j'espère que vous allez tous bien. Tachez de m'envoyer un peu de vos nouvelles, ça me fera plaisir. J'ai écris à Paul et j'attend aussi de ses nouvelles. Bien le bonjour à Jeanne et à Joseph. Dans l'attente de recevoir de vos nouvelles, recevez, chers parents mes meilleurs baisers".

La carte suivante est ennvoyée de Saint Gervais le 21 juillet :

"Chers parents,

J'ai reçu votre lettre qui m'a bien fait plaisir et vous avez dut recevoir une carte. Elle s'est croisée avec la votre. Aujourd'hui nous sommes à St Gervais, nous avons fait étape depuis Bonneval et elle peut compter pour une. Nous sommes partis de Bonneval à 1 heure du matin, on a passé les Chapieux, traversé le col du Bonhomme avec au moins 3 mètres de neige, passé au Contamines et nous sommes arrivé à St Gervais à 3 heures 1/2 l'après midi. Innutile de vous dire qu'on en avait assez. Je pense que le bataillon descendra jusqu'à Ugine. A la fin du mois, on a repos. Je ferai mon possible pour aller vous dire bonjour, mais ce n'est pas sur.

Quand à la santé, ça va pas trop mal. Demain, nous allons du côté de Chamonix.

Et vous, chers parents, j'espère que vous êtes tous en bonne santé.

Bien le bonjour à Jeanne et Joseph.

Recevez mes meilleurs baisers, votre fils Joannès".

Les chasseurs alpins en manoeuvres

De nombreuses cartes postales de l'époque montrent les Chasseurs Alpins en manoeuvres ; en voici quelques unes...

Écrire un nouveau commentaire: (Cliquez ici)

123siteweb.fr
Caractères restants : 160
OK Envoi...
Voir tous les commentaires

Commentaires

20.09 | 15:42

Bonjour,
C'est super Intéressant votre page.
je suis tombé dessus vraiment par hasard .
Il faudrait mettre les pages où vous recherchez.
Bonne journée

...
20.09 | 15:43
20.09 | 15:38
Page d'accueil a reçu 2
29.06 | 13:09
Vous aimez cette page
Bonjour !
Créez votre site internet tout comme moi! C'est facile et vous pouvez essayer sans payer
ANNONCE